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* Le Brésil est le premier producteur mondial de soja
* Le moratoire aurait contribué à réduire la déforestation en Amazonie
* Le président brésilien souhaite mettre fin à la déforestation d'ici 2030
(Ajout d'une photo)
La Cour suprême du Brésil a confirmé mercredi les lois des États qui ont mis fin de fait à une initiative historique à laquelle on attribue le mérite d'avoir freiné la déforestation de la forêt amazonienne liée à la culture du soja.
Les juges ont rejeté les arguments des agriculteurs selon lesquels le « moratoire sur le soja », une mesure volontaire en vigueur depuis 20 ans, était illégal, préservant ainsi les négociants et les transformateurs de céréales de milliards de reais de dommages-intérêts potentiels réclamés par les agriculteurs.
La Cour a toutefois soutenu les mesures prises par certains États, telles que celle adoptée l’année dernière par le Mato Grosso, qui a supprimé les avantages fiscaux accordés aux entreprises participant au moratoire.
Cette loi, adoptée dans le principal État producteur de soja, a poussé les grands négociants en céréales, notamment les sociétés américaines ADM ADM.N et Cargill ainsi que la société chinoise Cofco, à se retirer de cet engagement en janvier, ce qui, selon les écologistes, a mis fin de fait à cette initiative.
Le Brésil est le premier producteur mondial de soja, et le moratoire, un engagement pris en 2006 à la suite de menaces de boycott, interdit aux signataires d’acheter du soja cultivé sur des terres déboisées après juillet 2008.
Des études ont montré que cette initiative volontaire avait permis de réduire efficacement la déforestation de l’Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde. Les scientifiques ont averti que la déforestation pourrait accélérer le réchauffement climatique.
Dans l’affaire portée devant la Cour suprême, des agriculteurs brésiliens ont contesté le moratoire, affirmant qu’il leur imposait des restrictions injustes. La législation brésilienne autorise de nombreux propriétaires fonciers à défricher 20 % de leur propriété, alors que le moratoire interdisait toute déforestation après 2008.
L’association brésilienne des transformateurs de soja, Abiove, a salué cette décision dans un communiqué publié mercredi, estimant qu’elle levait l’incertitude juridique. Le président de l’association, André Nassar, a déclaré que ses membres ne devraient pas adhérer à nouveau au moratoire.
Cristiane Mazzetti, de l’organisation environnementale Greenpeace, a déclaré que la décision de la Cour constituait "un revers qui pourrait, à moyen terme, inverser la tendance positive à la réduction de la déforestation en Amazonie".
L’association d’agriculteurs Aprosoja MT a indiqué dans un communiqué qu’elle évaluerait les voies de recours pour réexaminer les demandes d’indemnisation.
La décision de la Cour ajoute une part d’incertitude à l’initiative lancée en 2023 par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva visant à mettre fin à la déforestation en Amazonie d’ici 2030.
Les scientifiques ont indiqué que l’Amazonie contribuait à réguler le climat mondial en stockant d’énormes quantités de carbone et en ralentissant l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Dans une étude publiée en juillet, des chercheurs de l’université du Wisconsin à Madison, du Fonds mondial pour la nature Brésil et d’autres organisations ont constaté que le moratoire avait contribué à réduire "pratiquement à zéro" la déforestation directe de l’Amazonie liée à la production de soja et à diminuer de 35 % la déforestation dans les zones vulnérables à l’expansion de la culture du soja au cours de sa première décennie.
Ils ont estimé que la levée du moratoire entraînerait, au cours de la prochaine décennie, une déforestation supplémentaire de 1,4 million d'hectares (3,5 millions d'acres) et générerait environ 745 millions de tonnes métriques d'émissions supplémentaires de gaz à effet de serre, soit à peu près l'équivalent des émissions annuelles du Canada.

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